Le vélo, un moyen de transport résilient et d’avenir

Le vélo, 200 ans d’évolutions

Le vélo est un outil simple, en apparence insignifiant. Inventé en 1790, le vélo est nommé « célérifère » à ses débuts. L’engin est peu maniable. Pour tourner, il faut s’arrêter pour l’orienter dans la bonne direction. Pendant les années de la Révolution, le célérifère disparaît pour réapparaître pendant le Directoire. L’idée originelle du compte de Sivrac évolue ; des modifications mineures sont apportées à sa structure. Son nom, désormais « vélocifère » et son usager, le « vélocipède », nécessite de grandes enjambées. En fait, cette « machine à courir » n’est autre qu’une draisienne, inventée en réalité outre-Rhin par le baron Drais von Sauerbronn, en 1817 pour être exact. Ce n’est que bien plus tard en 1885 que le terme « bicyclette » naît en Angleterre.

Simple en apparence, le vélo est donc une technique qui a plus de 200 ans. Une société cyclable n’est donc un saut dans l’inconnu des « nouvelles mobilités », mais au contraire le retour à un mode de déplacement plus doux, capable de nous réconcilier avec une modernité dont les promesses de vitesse et d’espace individuel ne sont plus tenables.

À l’aube de la 3ème décennie du XXIème siècle, le vélo est un sujet qui permet, non pas des « petites victoires », mais des victoires essentielles pour métamorphoser le quotidien et les vacances. Face aux nombreuses transitions qui s’annoncent, lesquelles peuvent paraître effrayantes, le vélo est potentiellement un outil motivant pour la transition, capable de soigner la société, dont l’addiction à l’automobile n’est malheureusement plus à démontrer.

Un outil pour la transition écologique ?

Au quotidien, le vélo est efficace pour répondre aux problèmes environnementaux, il est bon pour la santé publique, il ne rejette pas de gaz à effet de serre, de microparticules ou encore d’émanations toxiques. Il apaise la ville pour ainsi dire. Pour rappel, la pollution atmosphérique tue 67 000 français par an, c’est énorme ! Le vélo est également bon pour le porte-monnaie des usagers ou encore la réduction du bruit.

Au quotidien pourtant, 75% des déplacements font moins de 7 kilomètres et seulement 3% des déplacements en France s’effectuent à vélo. Les français ont-ils peur de quitter l’ancien monde, celui où 7 Français sur 10 continuent de se rendre au travail en voiture faute d’un réseau cyclable protégé ?

Côté cyclotourisme, les usages et le marché se développent aussi, avec les véloroutes, les voies vertes, les routes départementales, les chemins balisés pour VTT ou encore les chemins de grandes randonnées. Cette tendance s’accompagne du mouvement Slow Tourisme qui est un pied de nez aux valeurs ultralibérales et consuméristes de nos sociétés. L’engouement pour le vélo pendant ses vacances fait appel à la lenteur, à la sensation d’être présent au monde et d’être vivant. Le vélo permet aux touristes de se rapprocher de la nature.

Le développement des véloroutes (La Loire à Vélo, La Vélomaritime, ViaRhôna) en France offre aux touristes une expérience de liberté, ce que confirme les usagers de la véloroute et voie verte La Vélodyssée (Bretagne, Vendée et Aquitaine) sur environ 1 200 kilomètres. D’ailleurs, pour accompagner ces usages, existe le réseau Accueil Vélo qui est un réseau d’opérateurs touristiques, hébergeurs, restaurateurs, loueurs, réparateurs de cycles, offices de tourisme, gestionnaires de sites touristiques engagés dans l’amélioration de l’accueil des touristes à vélo. Le réseau comptait 2 000 adhérents en 2015, 2 300 en 2016 et plus de 4 000 membres en 2020. 70% des adhérents sont des hébergeurs, 12% des offices de tourisme. Le maillage est très fort dans l’est de la France. La Loire à vélo et La Vélodyssée représentaient en 2017 près de 40% des adhérents au label. Si 70% des cyclistes ne connaissent pas encore le label Accueil vélo, le changement vers un tourisme plus soucieux de l’environnement est engagé.

Au quotidien et en vacances, le vélo est un outil simple capable de relever les défis en perspective. Le gouvernement ne s’y est d’ailleurs pas trompé. Le Plan Vélo, un fonds de 350 millions d’euros sur sept ans, a été créé afin d’aider les collectivités territoriales à construire des pistes cyclables sûres et fiables et tripler, d’ici 2024, la part du vélo dans les déplacements de tous les jours, en passant de 3 à 9 %.

Si le « célérifère » a 200 ans, ce n’est que le début …

Alicia L.

Randonneuse dans l'âme, j'aime les grands espaces, la nature, la montagne ... J'essaie de vous transmettre un peu de ma passion dans mes articles et vous faire découvrir des coins vraiment sympas :)

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